Un bistrot, lieu central et personnage à part entière

Le bistrot, dans ce roman, n'est pas un simple décor : il est un personnage central, inspiré par l'enfance de l'auteure, passée dans l'hôtel-restaurant de ses parents. "J'ai grandi derrière un bar, à observer des vies qui se croisaient, des solitudes qui se réconfortaient", explique-t-elle. Ce lieu clos, où se mêlent habitudes, désespoirs et espoirs, devient le théâtre d'un drame où chaque client, chaque détail, compte. "Le lecteur ne voudra plus quitter ce bistrot. Il sera prisonnier avec ces personnages, comme eux", promet Anna Véronique El Baze.

Des personnages inspirés du réel

Les personnages du roman sont tirés de la réalité, nourris par des rencontres et des interviews. "Pour que la fiction parle à nos tripes, il faut qu'elle soit ancrée dans le réel", insiste-t-elle. Parmi eux, un jeune homme à capuche, mystérieux et inquiétant, ou encore le bistrotier, largement inspiré de son propre père. "Chacun cache des failles, des espoirs, des secrets. Le lecteur découvrira leurs vérités au fil des pages, et se posera des questions sur lui-même", ajoute-t-elle.

Un suspense maîtrisé, entre thriller et drame humain

Anna Véronique El Baze excelle dans l'art de mener le suspense. "Le mystère plane : pourquoi ce personnage prend-il tout le monde en otage ? Il n'est pas fou, donc il a une raison... Mais laquelle ?" Le roman joue sur cette tension permanente, où chaque révélation peut basculer dans le drame. "Les personnages sont sur une crête : un mot de trop, un geste maladroit, et tout peut exploser", décrit-elle. Les retours des lecteurs confirment cette intensité : "Beaucoup me disent avoir lu le livre d'une traite, les larmes aux yeux".

Des rituels d'écriture nocturnes et nomades

L'auteure écrit la nuit, ou dans des lieux bruyants comme les aéroports ou les bars, pourvu qu'on ne lui adresse pas la parole. "Je me mets dans une bulle. Quatre heures d'écriture par jour, pas une de plus", confie-t-elle. Ce rituel lui permet de garder une concentration absolue, essentielle pour tisser ses intrigues complexes.

Le Prix Chien Jaune du Polar : une reconnaissance inattendue

Recevoir le Prix Chien Jaune du Polar a été une surprise et une fierté. "Le jury a voté à l'unanimité pour mon roman. Ça m'a touchée, même si je me sens encore loin du terme 'écrivaine' – pour moi, ce mot évoque des géants comme Victor Hugo !" Cette distinction lui a donné confiance pour poursuivre son travail. "Un auteur doute toujours. Ce prix m'a rappelé que mon univers peut toucher les lecteurs", avoue-t-elle avec humilité.

Rencontres et réseaux sociaux : le lien précieux avec les lecteurs

Pour Anna Véronique El Baze, les salons du livre comme celui de Saint-Honoré-les-Bains sont des moments précieux. "Rencontrer le public, entendre leurs retours, c'est essentiel. Les réseaux sociaux prolongent ces échanges : des lecteurs me contactent après un salon pour partager leurs impressions. C'est un vrai dialogue qui s'installe", explique-t-elle. Ces interactions nourrissent son inspiration et renforcent son lien avec son lectorat.

Un mot pour les futurs lecteurs

"Ce roman parle de nous, de nos peurs, de nos espoirs, et de cette solidarité qui peut naître dans les moments les plus sombres. J'espère que les lecteurs y trouveront un écho à leurs propres interrogations", conclut-elle.

Anna Véronique El Baze, Le Dernier Bistrot – Un réveillon de Noël sous tension

Éditions L'Archipel, 199 pages, 20 €.