Un quotidien entre solitudes et collaborations

Tommy Redolfi le reconnaît : « Je n'ai pas de journée type. » Entre le travail solitaire de la bande dessinée « penser des histoires, scénariser, dessiner, coloriser » et l'effervescence d'un tournage « coordonner les chefs de poste, dialoguer avec l'équipe » son métier oscille entre intimité et collectif. « Ce qui me plaît, c'est raconter des histoires, peu importe le support. »

Un équilibre qu'il cultive depuis l'enfance, quand une rencontre avec l'auteur jeunesse Pef lui révèle l'existence des « gens qui créent des livres ». « Pour moi, c'était une révélation : des humains fabriquent des univers ! » Depuis, il n'a cessé d'explorer les moyens de les faire vivre, « du crayon à la caméra ».

« Marsupilami » : une adaptation réussie... mais trahie ?

Le film « Marsupilami » de Philippe Lacheau divise. Tommy Redolfi, lui, y voit « une réussite »... tout en soulignant un paradoxe : « Le Marsupilami aurait pu être remplacé par un diamant ou un autre animal. » Pour lui, « l'adaptation idéale est une réinterprétation, pas une copie. »

« Une bonne adaptation, c'est quand on dénature l'œuvre originale, qu'on en fait autre chose, » explique-t-il. « Le cinéma doit apporter un supplément d'âme, pas juste reproduire. » Un avis qui tranche avec les puristes, mais qui reflète sa philosophie : « La trahison, c'est une forme de respect. »

BD versus Cinéma : « Je pense en caméra quand je dessine »

Tommy Redolfi avoue un rapport « très complémentaire » aux deux arts. « Quand je dessine, je pense en mouvements de caméra. » À l'inverse, sur un tournage, « je me rassure en imaginant des cases de BD ».

« Le cinéma m'impressionne trop, » confie-t-il. « Alors je me dis : "Comment tu ferais ça en BD ?" » Une méthode qui lui permet de « dompter la technique » sans perdre de vue l'essentiel : « l'émotion et le récit. »

« Faites, faites, faites ! » : ses conseils aux jeunes créateurs

Son mantra ? « Action, action, action. » « Ne restez pas dans les fantasmes, » insiste-t-il. « Prenez un crayon, une caméra, et créez. Même si c'est court, même si c'est imparfait. »

« L'erreur fait partie du processus, » ajoute-t-il. « Ce qui compte, c'est de passer à l'acte. » Un conseil qu'il applique à lui-même : « Je teste, j'expérimente, et je continue. »

Un univers « toujours en marge de la réalité »

Fasciné par « les mondes oniriques » de David Lynch ou « la folie créative » de Quentin Dupieux, Tommy Redolfi aime « les récits qui décalent le quotidien ». « J'aime quand un grain de sable bloque la machine et qu'il faut inventer une solution. »

Si un jour il adaptait une de ses BD, « je donnerais carte blanche à un réalisateur pour la trahir ». « L'important, c'est qu'elle devienne une œuvre nouvelle. »

« La BD et le cinéma sont deux façons de raconter des histoires, mais leur magie opère différemment, » résume Tommy Redolfi. « L'un est une image fixe qui suggère le mouvement, l'autre un mouvement qui capture l'image. » Une dualité qu'il explore avec passion, « entre trahisons créatives et fidélités émotionnelles ».