Une rencontre décisive avec Francis Lai

Tout change lorsqu’elle rencontre Francis Lai, compositeur légendaire. "Un jour, j’ai appelé Francis Lai sans le connaître. Quand j’ai mentionné que j’étais la fille de Giani Esposito, il y a eu un silence au téléphone, puis il m’a dit : 'Pour votre père, je ferai tout ce que je peux.'"
Ce silence, suivi d’une promesse, marque le début d’une transformation profonde. Francis Lai devient un mentor, l’encourageant à se lancer dans l’écriture. "Il m’a dit : 'Mettez-vous devant une page blanche, avec des bougies, de la musique, et ça viendra.'"
Et c’est ainsi que naît son premier recueil de poèmes, écrit en 1996 et publié aux Belles Lettres sous le titre « L’Alchimie des mots ». "Francis m’a prédit que je n’arrêterais plus d’écrire. Il avait raison."

 

 

L’écriture automatique, une révélation

L’écriture de Vita Poetica est née d’un processus presque mystique. "Un jour, en jouant du piano, j’ai senti la présence de mon père. Était-ce mon imagination ou une réalité ? Peu importe, j’ai reçu un message intérieur qui m’a poussée à appeler Francis Lai." Quelques mois plus tard, le téléphone sonne : "On a quelque chose à faire ensemble. On me parle de votre père tous les jours, c’est incroyable." Dix poèmes surgissent alors en écriture automatique, comme une révélation. "C’était magique, comme si les mots coulaient d’eux-mêmes."

Pour Douchka, la poésie est une communion avec l’invisible. "C’est une magie perpétuelle, une alchimie entre la matière et l’esprit. La poésie, c’est l’enfant de la philosophie, comme le disait Rimbaud. C’est le sous-texte de la vie, le sous-texte du cœur."

Un héritage familial et artistique

Douchka Esposito n’est pas seulement la fille de Giani Esposito. Elle est aussi celle de Pascale Petit, actrice iconique des années 60 et 70, une "fée" qui a veillé sur son berceau. "Ma mère est une femme solaire, magique, passionnée. Elle a eu une carrière cinématographique extraordinaire, même si la Nouvelle Vague l’a un peu éclipsée." Aujourd’hui, Pascale Petit écrit elle aussi, elle a signé un livre intitulé « Une Vie sans tricher » (éd. Glyphe), où elle raconte ses aventures cinématographiques.

"Avoir une mère artiste, c’est comme avoir une fée qui se penche sur votre berceau", confie Douchka. C’est sa mère qui l’a encouragée à signer son contrat avec Disney, tout en lui permettant de garder un pied dans le chant classique et de découvrir le jazz. "Pour moi, l’art est un tout. Je ne crois pas aux étiquettes. On peut être chanteuse, comédienne, poétesse… Tout est lié."

Une carrière multiple et libre

Aujourd’hui, Douchka Esposito est sur tous les fronts. Elle joue actuellement au théâtre dans une pièce de boulevard, La Première Couturière, aux côtés de Daniel Beretta et Jean-Philippe Azéma, mise en scène par Jean-Luc Auric. "Le théâtre, c’est un métier passionnant. Quand on interprète une chanson ou un rôle, on est comédien ou performeur. Les grands interprètes comme Aznavour ou Brel étaient des comédiens avant tout."

Elle défend une liberté artistique totale, refusant les cases et les étiquettes. "L’être humain est relié à la nature, aux arts… Comme Léonard de Vinci, qui était à la fois peintre, scientifique, inventeur. Pourquoi se limiter ?"

Un message pour les lecteurs et les jeunes générations

Douchka Esposito espère que Vita Poetica touchera les cœurs et éveillera les consciences. "La poésie est l’art suprême, comme le disait De Gaulle. J’espère que les jeunes générations redécouvriront sa beauté et sa puissance."

Douchka Esposito, Vita Poetica
Éditions Le Lys Bleu, 120 pages, 15 €.