On vous explique la loi qui va changer le sport pro français
Ça faisait un moment que c'était dans les tuyaux. C'est fait. L'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi sur la réforme du sport professionnel. Un texte né au Sénat en juin 2025, qui a ensuite patiemment attendu son tour à l'Assemblée, repoussé une première fois en mai faute de place dans l'agenda parlementaire, cette fois, c'est bon, et il y a du monde dans ce texte.
Le foot, grand cobaye de la réforme
C'est clairement le football qui va le plus tanguer. La loi ouvre la voie à la création d'une société des clubs pour gérer les compétitions, en remplacement de l'association actuelle qu'est la LFP. Une structure plus commerciale, plus lisible, du moins, en théorie. On sait comme les théories du foot français se comportent une fois au contact de la réalité.
Sur les finances, la masse salariale des clubs serait plafonnée à 65 % de leur budget total et les écarts de redistribution des droits TV entre clubs seraient encadrés. L'idée, c'est d'arrêter de laisser des clubs dépenser ce qu'ils n'ont pas en comptant sur leur actionnaire pour colmater les brèches. Révolutionnaire, comme concept.
Les dirigeants vont devoir faire gaffe
Les rémunérations des patrons de fédérations, de ligues et de leurs sociétés commerciales seraient plafonnées. Un contrôle « d'honorabilité » a été adopté également, les personnes condamnées pour extorsion, blanchiment, dopage ou atteinte aux personnes ne pourront plus diriger une fédération.
Et pour les conflits d'intérêts, un dirigeant de ligue ne pourrait plus détenir des parts dans une société de diffusion audiovisuelle ou de paris sportifs. Sur le papier, ça ressemble à du bon sens. Sur le terrain, ça va secouer quelques fauteuils....et quelques portefeuilles.
La guerre contre le piratage passe à la vitesse supérieure
L'Arcom pourra désormais bloquer en temps réel les diffusions illégales pendant les matchs. Le site de streaming douteux qui lagge toutes les cinq minutes et affiche des pubs pour des casinos bulgares devrait avoir du souci à se faire. Le vrai perdant de cette réforme, c'est lui.
Les supporters entrent dans la danse
C'est une petite nouveauté qui mérite d'être notée, les associations de supporters seraient intégrées à la gouvernance sportive. Symbolique pour l'instant, mais c'est une première. Les mecs qui passent leurs week-ends à gueuler dans des virages vont pouvoir gueuler en réunion aussi. Évolution naturelle mais il devront metre un t-shirt en reunion par contre.
Tout le monde n'applaudit pas
Une vingtaine de présidents de clubs, dont Al-Khelaïfi et Létang, ont signé une tribune dans Le Figaro pour réclamer le report du texte. La LFP, de son côté, juge le texte insuffisant sur la gouvernance et les enjeux économiques et réclame une révision en profondeur. Traduction, chacun trouve la loi trop contraignante pour soi et pas assez pour les autres.
La loi est passée, mais le match est loin d'être joué. Députés et sénateurs devront se retrouver le 21 juillet en commission mixte paritaire pour trouver une version définitive. Ce sera probablement là que les vraies négociations commenceront et qu'on saura vraiment qui a gagné quoi.








