Un moineau, une héroïne, et l'espoir en héritage

Philippe Bérenger ne cache pas sa source d'inspiration : « C'est un hommage à ma femme, qui m'a raconté des histoires si folles que même mon imagination d'auteur ne pouvait les inventer. » Pendant un an, son épouse a enseigné dans une classe à Marseille, un univers où les défis quotidiens dépassent souvent l'entendement. « On a essayé de sortir l'héroïne de sa condition, on a échoué... Alors j'ai voulu lui offrir une issue plus solaire, une lueur au bout du tunnel. »

Pour adoucir les angles rudes de cette réalité, Bérenger choisit un narrateur inattendu : un moineau, compagnon ailé de l'héroïne, passionnée d'ornithologie. « Si on aime les oiseaux, on sera servi ! s'amuse-t-il. Ce parti pris poétique transforme « Wahi » en un conte moderne, où la dureté des quartiers nord se pare de magie et d'humour. « C'est une façon de parler de choses difficiles avec du recul, et de rappeler que l'espoir existe, même là où on ne l'attend plus. »

Marseille, entre clichés et réalité : un roman qui défigure les préjugés

« J'aime Marseille, une ville souvent défigurée dans l'imaginaire collectif », confie l'auteur. Avec « Wahi », il entend redonner ses lettres de noblesse à une cité trop souvent réduite à ses stéréotypes.« C'est d'abord un hommage aux enseignants, ces Don Quichotte des temps modernes qui se battent contre vents et marées. » Le roman mêle ainsi aventure et engagement, en s'appuyant sur une galeries de personnages hauts en couleur : la prof combative, l'héroïne en quête de repères, et même un « Caïd » qui n'est pas celui qu'on croit.

« J'ai toujours été fasciné par la recherche du père, absent ou défaillant », explique Philippe Bérenger. Ce thème, récurrent dans son œuvre, trouve ici une résonance particulière. « Dans « Wahi », on voit des pères qui n'assument pas, des enfants qui cherchent leur place... C'est un livre sur la transmission, ou son absence. »

De la page à l'écran : une adaptation cinématographique en préparation

Philippe Bérenger ne s'arrête pas à l'écriture. « Plusieurs producteurs m'ont dit : 'Fais-en un film !' Alors je m'y attelle. » Adapter « Wahi »pour le cinéma n'est pas une mince affaire : « Ce n'est pas le même vecteur. Il faut choisir ce qu'on garde, ce qu'on enlève... Mais c'est passionnant, car je redécouvre mon propre livre. » Une chose est sûre : « Le livre et le film ne se remplaceront pas. Ils se compléteront, comme deux facettes d'une même histoire. »

Un roman qui « fait du bien »

« On m'a dit que c'était un livre qui faisait du bien », sourit Philippe Bérenger. « Malgré les thèmes difficiles – les quartiers, les échecs scolaires, les deals –, il y a une lumière au bout du tunnel. » Son message aux lecteurs ? *« Ne perdez jamais espoir. Si « Wahi » peut vous aider à garder cette flamme, alors j'aurai réussi. »

Philippe Bérenger, « Wahi », éditions Vérone, collection Évasion, 256 pages, 19,90 €.