Philippe Bérenger : Avec « Wahi », l'aventure et la poésie transforment Marseille en terre d'évasion
Culture · Par Manuel Houssais ·Le jeudi 11 septembre 2025 à 22h22 ·mis à jour le 11/09/2025 à 22:28
Philippe Bérenger, ancien assistant de Bertrand Tavernier et Milos Forman, signe avec « Wahi » un roman aussi tendre que percutant. Inspiré par le quotidien de son épouse, enseignante dans les quartiers nord de Marseille, l'auteur nous plonge dans une histoire où l'aventure et l'émotion se mêlent à la réalité sociale. Entre humour et espoir, ce conte moderne, narré par un moineau facétieux, célèbre la résilience et la beauté cachée des « invisibles ». Rencontre avec un artiste pour qui l'écriture est un acte de résistance et de lumière.
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Episode 10 - Rencontre avec Philippe Bérenger
Philippe Bérenger, ancien assistant de Bertrand Tavernier et Milos Forman, signe avec « Wahi » un roman aussi tendre que percutant. Inspiré par le (...)
Un moineau, une héroïne, et l'espoir en héritage
Philippe Bérenger ne cache pas sa source d'inspiration : « C'est un hommage à ma femme, qui m'a raconté des histoires si folles que même mon imagination d'auteur ne pouvait les inventer. » Pendant un an, son épouse a enseigné dans une classe à Marseille, un univers où les défis quotidiens dépassent souvent l'entendement. « On a essayé de sortir l'héroïne de sa condition, on a échoué... Alors j'ai voulu lui offrir une issue plus solaire, une lueur au bout du tunnel. »
Pour adoucir les angles rudes de cette réalité, Bérenger choisit un narrateur inattendu : un moineau, compagnon ailé de l'héroïne, passionnée d'ornithologie. « Si on aime les oiseaux, on sera servi ! s'amuse-t-il. Ce parti pris poétique transforme « Wahi » en un conte moderne, où la dureté des quartiers nord se pare de magie et d'humour. « C'est une façon de parler de choses difficiles avec du recul, et de rappeler que l'espoir existe, même là où on ne l'attend plus. »
Marseille, entre clichés et réalité : un roman qui défigure les préjugés
« J'aime Marseille, une ville souvent défigurée dans l'imaginaire collectif », confie l'auteur. Avec « Wahi », il entend redonner ses lettres de noblesse à une cité trop souvent réduite à ses stéréotypes.« C'est d'abord un hommage aux enseignants, ces Don Quichotte des temps modernes qui se battent contre vents et marées. » Le roman mêle ainsi aventure et engagement, en s'appuyant sur une galeries de personnages hauts en couleur : la prof combative, l'héroïne en quête de repères, et même un « Caïd » qui n'est pas celui qu'on croit.
« J'ai toujours été fasciné par la recherche du père, absent ou défaillant », explique Philippe Bérenger. Ce thème, récurrent dans son œuvre, trouve ici une résonance particulière. « Dans « Wahi », on voit des pères qui n'assument pas, des enfants qui cherchent leur place... C'est un livre sur la transmission, ou son absence. »
De la page à l'écran : une adaptation cinématographique en préparation
Philippe Bérenger ne s'arrête pas à l'écriture. « Plusieurs producteurs m'ont dit : 'Fais-en un film !' Alors je m'y attelle. » Adapter « Wahi »pour le cinéma n'est pas une mince affaire : « Ce n'est pas le même vecteur. Il faut choisir ce qu'on garde, ce qu'on enlève... Mais c'est passionnant, car je redécouvre mon propre livre. » Une chose est sûre : « Le livre et le film ne se remplaceront pas. Ils se compléteront, comme deux facettes d'une même histoire. »
Un roman qui « fait du bien »
« On m'a dit que c'était un livre qui faisait du bien », sourit Philippe Bérenger. « Malgré les thèmes difficiles – les quartiers, les échecs scolaires, les deals –, il y a une lumière au bout du tunnel. » Son message aux lecteurs ? *« Ne perdez jamais espoir. Si « Wahi » peut vous aider à garder cette flamme, alors j'aurai réussi. »
Philippe Bérenger, « Wahi », éditions Vérone, collection Évasion, 256 pages, 19,90 €.









