Mais au-delà des noms célèbres, c'est une exploration des mémoires oubliées qu'il propose : des acteurs de second rôle, des starlettes éphémères, des destins romanesques ou tragiques qui ont marqué notre culture. « Un beau cimetière, une tombe chargée d'émotions, c'est un but de promenade comme un autre », écrit-il. Entre anecdotes savoureuses (comme la tombe de Marilyn Monroe, où un fan a payé 350 000 $ pour reposer à ses côtés) et réflexions sur la postérité, son livre est une invitation à se recueillir, à s'émouvoir, et à redécouvrir.

Rencontre avec un pèlerin des stars, qui nous rappelle que les légendes ne meurent jamais – elles attendent simplement qu'on aille les chercher.

Une passion née du patrimoine funéraire

Thierry Luthers a commencé par explorer les tombes belges – pas seulement celles des artistes, mais aussi des politiques, scientifiques et industriels. « J'ai peut-être cette envie de sauvegarder un patrimoine », confie-t-il. « Et puis, il y a ce côté ludique : chercher une tombe, c'est comme un jeu de piste. Quand on la trouve enfin, c'est jouissif ! »

Son approche est subjective et arbitraire : « Il y a des incontournables, comme Johnny ou Dalida, mais j'ai aussi voulu mettre en lumière des personnalités moins connues, aux destins incroyables. » Comme Christine Kaufmann, actrice allemande devenue femme d'affaires, ou Jean-François Davy, pionnier du cinéma érotique, enterré en Normandie.

Des tombes qui racontent des vies

Certaines tombes surprennent par leur faste (comme celle de Dalida, « à l'image de la star ») ou leur simplicité (celle de Louis de Funès, « très bien entretenue depuis que son épouse l'a rejoint »). D'autres, comme celle d'Annie Cordy, manquent de valorisation : « Elle est enterrée sous son vrai nom, Claudine Parmentier. Dommage qu'on ne mentionne pas qu'elle était baronne ! »

Thierry Luthers déplore aussi l'oubli qui frappe certaines légendes : « Henri Garat, une star de l'entre-deux-guerres, repose dans une tombe abandonnée au Père-Lachaise. Les femmes se jetaient sous sa voiture... Aujourd'hui, plus personne ne sait qui il est. »

La Belgique versus la France : deux cultures funéraires

En Belgique, les tombes sont souvent plus discrètes, moins théâtrales qu'en France. « À Liège, on enterre les artistes sous leur nom civil. En France, on privilégie le pseudonyme », note-t-il. Une différence qui reflète deux rapports distincts à la mémoire.

Il salue cependant l'esprit liégeois : « C'est ma ville, celle de Georges Simenon ! J'y mourrai, et j'y serai sans doute enterré. » Un attachement qui lui a valu le titre de Citoyen d'Honneur de Liège pour ses recherches.

Les navets ont aussi leur noblesse

Amoureux des films ratés, Thierry Luthers rend hommage à des réalisateurs comme Jean-François Davy (pionnier du cinéma érotique) ou Philippe Clair (roi du navet français). « Ces films ont leur charme ! Et leurs auteurs méritent qu'on se souvienne d'eux. »

Il évoque aussi Gaspard Ulliel, dont la tombe au Père-Lachaise est toujours fleurie : « Les fans viennent se recueillir. C'est touchant de voir que la flamme ne s'éteint pas. »

Marilyn, Johnny et les mystères des cimetières

- Marilyn Monroe : « Sa tombe est minuscule, mais c'est un lieu de pèlerinage. Un fan a payé 350 000 $ pour être enterré à côté ! »

- Johnny Hallyday : « J'aurais imaginé qu'il repose à Larchant, près de sa maison. Mais il a choisi Saint-Barthélemy... Loins des fans. »

- Bob Marley : « Son mausolée en Jamaïque est interdit de photo. Une expérience unique – il faut se déchausser pour entrer ! »

Un livre pour les cinéphiles et les "taphophiles"

Stars pour toujours s'adresse aux amoureux du cinéma, mais aussi aux « taphophiles » (passionnés de cimetières). « J'ai voulu faire un guide pratique, avec des anecdotes et des cartes pour retrouver les tombes. »

Une version étendue (3 000 noms) est disponible exclusivement en ligne, pour les puristes. « La France, la Belgique, la Suisse... J'ai essayé d'être exhaustif ! »

Pourquoi se souvenir des stars disparues ?

« Raviver la flamme du passé, c'est sauvegarder un patrimoine. Ces artistes ont marqué notre culture. Leur rendre hommage, c'est garder leur mémoire vivante. »

Et de citer Philippe Labro, enterré près d'Yves Montand : « J'ai chanté Ma jolie Sarah devant sa tombe. C'était émouvant. »

Infos pratiques

- Livre : Stars pour toujours – Sur les tombes de 300 légendes du cinéma et de la chanson
- Éditeur : Chronica
- Pages : 256
- Prix : 25 € (version grand public) / 35 € (version étendue, 3 000 noms)
- Disponible : En librairie et sur www.chronica.be
- Conférences : Thierry Luthers intervient régulièrement sur le thème des cimetières célèbres. Prochaine date à Liège, le 15 mars 2026.